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SPM, dépression post-partum et ménopause principalement dus au stress ?





De plus en plus de femmes me livrent au cours de leurs séances, leur souffrance psychique et trouble de l’humeur durant la 2eme partie du cycle menstruel.
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme sévère du syndrome prémenstruel (SPM). Il est classé en tant que trouble sévère de l’humeur dans le DSM-5 depuis 2013 et reconnu dans les maladies gynécologiques depuis 2019.
On pourrait avoir l’impression que plus de femmes qu’avant, souffrent de SPM, de TDPM, de dépressions post-partum et des symptômes de la ménopause. Sujets qui étaient peu abordés jadis, voire honteux et tabous, d’où ce ressenti pour certains.
Non, les femmes d’aujourd’hui ne sont pas plus fragiles que nos mères ou nos grands-mères. Elles sont juste plus écoutées, plus informées et vivent dans un monde ou la pression du stress et les hormones font de moins en moins bon ménage. La réalité est donc autre, parce qu’on en parle davantage, ces troubles sont mieux diagnostiqués et enfin sortis de leurs tabous. Ce n’est pas une « mode » mais une prise de conscience collective. Cependant nos modes de vie actuels avec le stress chronique, la charge mentale, les perturbateurs endocriniens les amplifient, jusqu’à créer pour certaines de mes patientes une véritable souffrance psychique.

Comment puis-je en tant que thérapeute les accompagner ?

Il est important dans un premier temps de sortir de la honte, de la culpabilité ou de la peur d’être jugée trop sensible par son entourage.
De travailler sur la régulation des émotions et la tolérance à cette détresse qui n’a rien de banale.
De soutenir la communication dans le couple ou avec l’entourage.
De travailler sur la gestion des conflits pendant les périodes sensibles.
D’encourager à une prise en charge globale (hygiène de vie et soutien holistique…).
De s’interroger à la fois sur la place qu’on leur donne (dans la vie privée, public, professionnelle, et culturelle) et la place qu’elles se donnent dans cette société encore pleine de contraintes anxiogènes sur leur rôle de femme (être performantes au travail, mères parfaites, toujours en forme et souriantes).
Enfin explorer avec chacune leur rapport au féminin : comment elle vit, comprend ou exprime le fait d’être une femme (son identité, son rapport à la féminité, aux rôles de genre).

SPM, dépression post-partum et ménopause principalement dus au stress ? Psychomédia Publié le 24 juin 2006.

Selon une chercheure australienne, Jane Ussher,
le syndrome prémenstruel (SPM), la dépression post-partum (ou post-natale) et les symptômes de ménopause sont davantage dus au stress, c'est-à-dire aux facteurs sociaux, qu'aux hormones.
Les femmes se font vendre l'idée que leur corps est biologiquement en faute et qu'elles ont besoin de médication quand en fait les pressions pour être une "superwoman" sont plus probablement à blâmer, dit cette spécialiste de la psychologie de la santé des femmes. Les femmes, dit-elle, sont contrôlées par les pratiques médicales qui considèrent leur mal-être ("unhappiness") comme une condition biomédicale, ce qui légitimise la gestion médicale de leur condition.

Elle argumente que le SPM et la dépression post-natale
sont essentiellement une forme de rage réprimée que les femmes ressentent plutôt qu'une maladie médicale. Ses recherches, dit-elle, ont montré que leur détresse provient souvent du fait qu'elles essaient d'en faire trop pour les autres, exceptées pour elles-mêmes.
Le problème avec la vision médicale est qu'elle ignore le fait que le mal-être des femmes est souvent une réponse compréhensible aux réalités de leur vie.


L a chercheure a mené des interviews en profondeur avec des femmes australiennes et britanniques pour conclure que la détresse prémentruelle, la dépression post-partum et de la ménopause sont souvent liées à la façon dont les femmes se sentent obligées d'être de bonnes épouses, de bonnes mères et de prendre soin des autres émotionnellement.
Il s'agit d'une forme d'auto-censure, considère-t-elle. Les femmes sentent qu'on s'attend à ce qu'elles composent avec une gamme de responsabilités - incluant leur emploi, leur partenaire, leurs enfants, la famille élargie, le travail de la maison, etc. - sans se plaindre.
Elles deviennent en détresse par rapport à l'état de leur vie et cherchent de l'aide pour se faire dire qu'il s'agit probablement du résultat de ces trois diagnostics.
La notion de la femme en ménopause étant dans un tourbillon psychologique est un mythe selon elle. Les taux de dépression chez les femmes diminuent en fait avec l'âge, avec seulement 7% des femmes âgées de 45 à 54 ans vivant une dépression. La chercheure rapporte qu'un thème courant émergeant de son travail est que les femmes se sentent souvent non supportées et mal comprises durant les premières années où elles ont des enfants mais qu'elles sont plus heureuses plus tard quand les responsabilités diminuent et que leur vie leur appartient davantage à nouveau.

Ses travaux, dit-elle, remettent en question
les buts de vie qui structurent la vie des femmes à partir de la puberté : la notion que le bonheur des femmes se gagne à travers l'amour, la romance et la maternité et que la plus grande satisfaction des femmes vient en prenant soin, en maternant et en se sacrifiant.
Selon ses recherches, il semble que plusieurs femmes n'atteignent une position d'équilibre et de paix que lorsqu'elles peuvent mettre ces mythes derrière, ou réaliser qu'elles ne peuvent plus les soutenir ou sentir qu'elles ont payé leur dû, et peuvent se tourner vers leurs propres besoins pour la première fois dans leur vie.

Ses recherches montrent, dit-elle, que les femmes composent avec les changements et le stress à différents moments de leur vie si elles peuvent avoir un répit de leurs responsabilités et des options pour prendre soin d'elles. Prendre des mesures pour prendre soin d'elles réduit l'impact de leurs symptômes, les aident à se recentrer et ne pas avoir peur de demander de l'aide ou du support si elles en ont besoin.

Références - Jane Ussher est titulaire d'une chaire en Psychologie de la Santé des Femmes à la Western Sydney University depuis 2002. Elle mène des recherches sur la santé genrée depuis le début de son doctorat en 1983. Ses recherches portent sur l'examen des facteurs genrés sous-jacents aux problèmes de santé mentale, sur la subjectivité et l'identité en lien avec le corps reproducteur et la sexualité, ainsi que sur les problématiques genrées dans le domaine du cancer et des soins oncologiques. En tant que psychologue clinicienne de formation, elle a également contribué à l'intégration de la recherche et de la pratique clinique dans la santé des femmes.

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CATHERINE CHOPIN N° ADELI : 75 00 0861 7
Credit photo : photosforyou- Pixabay